Festival International
de Guitare de 
Puy-l'Évêque 

et du Vignoble

Cuvée 2019

Du 24 au 27 juillet 2019

Jeudi 25 juillet 2019 - 21h

Cassie Martin

Pedro Soler & Gaspar Claus

Pedro Soler & Gaspar Claus

Grand guitariste flamenco Pedro Soler et Gaspar Claus, son fils, violoncelliste improvisateur hors du commun.

2011, le violoncelliste Gaspar Claus emmène son père, le guitariste de Flamenco Pedro Soler, à New-York. Tous les deux y enregistrent le cd « Barlande ». A la source de ce voyage, il y a le désir légitime de croiser le fer avec papa, de tendre une main à travers les générations mais surtout cette intuition géniale qu’en déplaçant le geste fondamentalement rural et la poétique immémoriale de son père dans le brouhaha d’un continent jeune, il trouvera peut-être matière à éclairer ce qui unit sa propre pratique des musiques dites libres et nouvelles à celle en apparence plus archaïque, de son paternel. Bien vu: l’Amérique qu’on peut considérer comme l’un des grands berceaux de la modernité, résonne de spectres (Charles Ives, le Jazz et le Minimalisme, le Rock’n’Roll le plus juteux…) qui couvent depuis toujours dans la rage savante du Flamenco. Le Flamenco est moins un vocabulaire codifié qu’un usage nomade du monde et des passions. 
Se choisissant comme sainte patronne le personnage de la Petenera, « figure maudite de l’Andalousie, qui a inspiré Federico García Lorca et effraye encore les anciens, semeuse de chaos, parce que son amour, trop pur, fut blessé », Père et fils, (…) entre les lignes stridentes, percussions et glissandi vertigineux que Gaspar tire d’un violoncelle hanté par les voix des plus terribles cantaores et les danses folkloriques et airs traditionnels que Pedro transcende, nous sommes plongés dans un univers terrible et doux qui ne peut pas laisser l'auditeur insensible. Ici, le Flamenco nous apparait, une fois de plus, à nous qui n’y connaissions pas grand-chose, comme une éclatante musique d’arrachement et de science obscure, dont la douleur exprimée comme un éboulis d’équations impossibles galvanise et se retourne en joie féroce, dans la fureur du bois martelé, dans le grondement des cordes et la gestion des silences, dans la rythmique du sang, l’audace harmonique et le bruyant amour de se tenir debout. Les soupirs, emportements, fléchissements, élisions et surgissements de vacarme dont le violoncelle de Claus croche la matière paternelle mettent à jour une fois de mieux cette improbable et pourtant minérale vérité: ces deux-là, le père et le fils, s’ils ne jouaient depuis le début tout à fait la même musique, peignaient en tout cas le même paysage.

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